
Laurence Pecquet est née en 1952 à Paris. Après des études supérieures d’ethnologie dans la capitale, elle découvre la sculpture en 1978 lors d’un séjour à Carrare, en Italie, où elle s’initie au travail du marbre dans les célèbres carrières. Cette première expérience marque le début d’un parcours artistique singulier, entièrement tourné vers la forme, la matière et le corps.
À partir de 1990, elle travaille dans l’atelier de sculpture de Philippe Lang, « Éloge de la main », dans les Yvelines, où elle approfondit le travail de la terre, avec et sans modèle, ainsi que les techniques de moulage (à creux perdu, élastomère). En 1995, elle abandonne progressivement le modelage pour se consacrer exclusivement à une pratique plus personnelle du plâtre, qu’elle associe au tissu et à l’armature métallique — des matériaux simples, bruts, mais d’une grande liberté formelle.
Installée à Vézénobres, dans le Gard, depuis 1998, elle développe un travail sculptural centré sur le mouvement, l’attitude et la présence. Ses figures, souvent humaines, fragiles et élancées, naissent d’une tension entre équilibre et légèreté. Suspendues, dressées ou simplement posées, elles capturent un instant, une gestuelle, une atmosphère.
« Il ne s’agit pas de reproduire la réalité, mais de reconstituer une attitude, un être en mouvement. Une sculpture est achevée quand l’impression d’ensemble, l’atmosphère que je voulais donner, est là. » — Laurence Pecquet
Certaines de ses pièces prennent aussi forme en bronze, prolongeant le geste initial du plâtre vers une matière dense et pérenne. Cette transition ne rompt pas l’élan fragile du travail originel, mais le transforme en force : une dentelle de plâtre trouve ainsi dans le bronze sa puissance et sa permanence, dans une continuité de matière et d’intention.
Ses œuvres trouvent naturellement leur place dans des environnements vivants : rues anciennes, jardins, galeries ou lieux patrimoniaux.
« Pour moi la lumière est dans le blanc, comme elle l’est dans le noir pour Soulages. Pendant longtemps, le plâtre fut le véhicule de toutes mes intuitions, des plus légères au plus sarcastiques. Je passais d’une demoiselle en dentelle aux migrants déracinés, du bon petit diable à l’abonné des restos du cœur. En accrochant la couleur, le blanc exalte la joie de vivre quand la douceur du plâtre exorcise la souffrance.
Passer de la fragilité du plâtre à la pérennité du bronze, du blanc immaculé aux sombres patines fut le défi de ces dernières années. C’est grâce à des fondeurs exceptionnels que j’ai relevé le challenge de retrouver dans ce matériau, qu’on associe à des œuvres pesantes, toute la légèreté de mes créations antérieures. »